08 avril 2009

Claire obscure

Avant ma naissance mes parents spéculaient volontier sur la couleur de peau que j'allais avoir. Ma mère désirait par dessus tout que mon teint soit le plus sombre possible et avait dit ceci à mon père " Vois tu, quand on casse l'oeuf et qu'on le mélange, le jaune l'emporte toujours sur le blanc." Et quelle decepetion pour elle, alors qu'on me prenait si souvent pour une blanche. Plus tard, la mère d'une de mes amie pakistanaise qui parlait très peu français et avait énormément de mal à retenir mon prénom m'avait surnomé Pinky. L'ayant eu il a peu de temps au téléphone, je lui demandait enfin d'où venait ce surnom, et la révélation faite, je me suis soudain sentie comme Alice à l'orée du terrier du Lapin Blanc...

Before my birth, my parents tried to guess the skin color i'd have, my mother wanted it as dark as possible and she told my father this; "see, when you break an egg and melt it, it always turns yellow". And what a desapointment for her where so many people confused me with a White. Years later, my friend's mom, who's a pakistani speaking few french and having the hardest time remember my name came up with Pinky. Having her on the phone not long ago i asked her about the origin of that nickname, earing her answer, i suddently felt like i was Alice following the White Rabbit in his hole...

"Pinky" est film d'Elia Kazan réalisé en 1949, qui dépeind l'histoire d'une métisse à la peau très claire élevée dans le sud profond des USA par sa grand-mère Noire et partie étudier au Nord en se faisant passer pour Blanche...

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Je lui faisait donc penser à Pinky...Si je connaissais plutôt bien les films des années 50 jusqu'à là, j'avais de véritables lacunes quant aux longs métrages mettant en scène des personnes Noires ou "de couleurs", sans compter les sempiternelles "Mammy", gros et grotesques personnages asexués censée souligné la beauté de l'héroïne Blanche comme par exemple dans "Gone with the Wind":

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(Vivien Leih et Hattie Mc Daniel)

Cette révélation me donna envie de continuer mes recherches, aussi j'appris que l'actrice choisie pour incarnée Pinky était Blanche au lieu d'être de facto métisse, c'est Dorothy Dandridge qui avait été présentie pour le rôle, mais pour des raisons de Box-Office, le producteur à juger que les spectateurs éprouveraient plus de compassion pour le personnage s'ils pouvaient "s'identifier" à elle, ce qui était monnaie courante à l'époque...Et en poursuivant dans ma lancée je découvrais aussi le "mythe de la mulâtresse tragique" datant du début de l'esclavage jusqu'à la fin des 70's...

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( Dorothy Dandridge)

Pour vous faire part de mes trouvailles commençons d'abord par le lexique: si le mot métisse désigne une personne née de l'union d'un homme et d'une femme de couleurs différentes, le terme mulâtresse est propre à la négritude. En effet, c'est un nom commun attribué au résultat de l'union d'un parent Blanc et d'un autre Noir. L'éthymologie est tiré du mot mulet, la mulâtresse est un allégorie de l'animal: une espèce hybride, contre nature, qui ne devrait pas exsister et qu'on a cru pendant longtemps stérile. Quant au suffixe -âtre il renforce ici le carractère péjoratif de l'appellation. Au début du XIX ème siècle, Thomas Jefferson ( Père fondateur de la Constitution Américaine) imagina une formule mathématiques pour classer les Noirs en sous catégories: un demi sang est un mulâtre, un quart de sang un quarteron, un huitième de sang un octavon, etcetera. Délicieusement ironique puisque cette brillante idée naquit du cerveau de l'homme qui clamait par ailleurs que "tous les hommes sont égaux"...Quoi qu'il en soit la One Drop Rule Law ( voir article ici ) rendait quiconque socialement et légalement noir par le simple fait d'avoir une seule goutte de sang de la "mauvaise race".

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Sous l'ère esclavagiste le fait d'être claire de peau donnait lieu à de nombreux avantages: une place de domestique d'intérieur au lieu d'être "nègre des champs" avec la possibilité de cotoyer des gens "respectables et éduqués", apprendre à lire et à écrire, manger les restes du maître, s'octroyer ses faveurs. Et pour les métisses ayant la chance d'avoir les peaux les plus claires, en étant  la favorite d'un propriétaire fortunée, elles avaient parfois droit à leur propre esclaves, bien noires celles-ci. Ce qui evidemment, attisa la haine et les convoitises de leur frères et soeurs de couleurs à la peau bien plus sombres...

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Après l'abolition de l'esclavage cette discrimination se poursuivie, la femme métisse considérée comme la "face acceptable" de la négritude se voyait toujours convoitée. Nombre d'entre elles exploitèrent leur teint clair pour se faire passer pour Blanche et vivre une vie agréable , exsantée de ségrégation. Tandis que d'autres tentèrent le mariage avce un Blanc, summum de l'ascention sociale. En revanche, celles qui se faisaient attrapper à leur propre piège subissaient bien souvent la foudre des Blancs, et finissaient leur vie soit ruinées, soit comme les Stanges Fruits immortalisés par Billie Holiday.

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"Le mythe de la mulâtresse tragique" est batit sur son ambivalance et son incapicité à s'adapter à l'une de ses deux composantes: trop blanche pour les Noirs et trop noire pour les Blancs. Dans la littérature du début du siècle dernier la mulâtresse est souvent décrite comme torturée mentalement, rejetant sa "partie noire" et en même temps s'affligeant de térribles souffrances pour oser penser ainsi. Souvent dépressive, elle ne semble trouver la paix que dans la mort. Métaphore peu subtile pour décourager les hommes ou même les femmes de s'aventurer dans des batifollages bi-raciaux, puisque la somme ne peut en être que désastreuse, de plus on croit jusque dans les années 20, que les mulâtresse doivent leur self-contrôle et leur capacités intellectuelles à leur sang blanc, et leur côté impulsif et potentiellement sauvage  à leur sang "nègre", en résumé le métissage apparait surtout comme une sorte de croisement raté.

Plus tard, dans le cinéma et à partir des années 30, la métisse devient pour les afro-américains (il en est de même en Afrique de l'ouest) ce que la blonde est aux occidentaux: une bombe sexuelle. Mais la mulâtresse tragique se révèle être une manipulatrice, doublée d'une égoïste qui n'hésitera pas à renier les siens. En 1939, le film " Imitation of Life" reste jusqu'à ce jour le long métrage emblématique de ce phénomène!

 

imitaionoflife

 

Peola, l'heroïne interprétée par Fredi Washington (une vraie métisse), a la peau blanche, mais elle n'est pas socialement blanche, c'est une mulâtresse lasse d'être traitée comme une femme Noire des années 30, elle décide donc de se faire passer pour Blanche et supplie sa mère de la comprendre. Elle se situe à l'opposé de la "mammy" dont je parlais plus haut, Peola est belle, jeune sensuelle et serait la femme parfaite d'un mari Blanc qui ne serait pas au courant de son secret, elle refuse son héritage racial et refuse en même temps de vivre la stigmatisation que le lui impose sa condition sociale, elle veut être libre et aspire aux mêmes rêves qu'une Blanche. Au cours du film, elle décide de s'en aller et de vivre sa vie abandonnant sa pauvre mère qui finira par en mourir le coeur brisé...

 

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( Louise Beavers et Fredi Washington )

 

Ce film choqua tous les esprits, aussi bien du côté noir que du blanc. Du milieu des années 30 à la fin des années 70, le nom Peola devint une insulte pour désigner les "Noirs" clairs de peau voulant desespérement se calquer sur le modèle dominant, une insulte comparable à "Oncle Tom', mais pour les femmes cette fois.

A l'époque, des femmes, des hommes et même des enfants du "noir sable" au noir ébène ont vécu d'innombrables tragédies. La véritable tragédie n'était pas qu'ils soit noirs ou qu'il aient du "sang nègre", mais que les blancs y  voient la dedans un carractère tragique par définition... Aujourd'hui, je ne sais pas trop quoi penser de ce mythe, je ne sais pas très bien s'il est toujours en vigeur, mais je sais qu'il y a parfois quelques difficultés à être "bi-raciale"...

Pour l'anecdote, j'ai vécu quelques temps dans le sud des Etats-Unis quand j'étais plus jeune, en Floride plus exactement, et j'avais un petit copain de type caucasien, blond aux yeux bleus. A l'époque, j'avais les cheveux défrisés et une vendeuse dans un magasin m'a dit ceci " oh i like your tan, i wonder how the hell you do that" = "oh j'aime ton bronzage, mais je me demande comment tu arrive à en obtenir un pareil". Au début je ne comprenait pas sa question, et quand elle me l'a repété j'ai compris qu'elle ne savait pas que j'étais métisse. Casey à répondu "that's natural, she's black" = "c'est naturel, elle est noire". Le visage de la vendeuse a completement changé, son sourire amicale s'était évaporé dans les airs. Et quand on se promenait autre part, nous écopions des regards méprisant de mes "frères de couleur" qui nous insultaient, me demandant ce que je faisais avec un blanc et l'accusant de voler une des leur. Je ne suis ni noire ni blanche, et j'adore le fait de pouvoir véhiculer deux cultures, ce que je considère comme une véritable richesse. Je ne veux en aucun cas choisir un camp,  je fais simplement partie du monde, en tant qu'Eloïse, un être humain imparfait comme tous ceux qui peuplent cette terre.

 

"C'est dans le métissage, qu'on fait les plus beaux assemblages"

Khrisna Murti                

Posté par eloisesunshine à 02:30 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires sur Claire obscure

    J'adore ton article!
    Je ne connais que les grandes lignes de l'histoire de la ségrégation aux USA ton article est donc le bienvenue dans mon cas!

    Posté par Mick Kelly, 09 avril 2009 à 06:37 | | Répondre
  • Je me lève de mon canapé et applaudis très fort cet article !!! Très bien écris et fort agréable et intéressant à lire.
    C'est un sujet que j'aime particulièrement, sans être noire de peau (et encore quand j' étais petite j' étais beaucoup moins blanche qu' aujourd'hui) j' ai un très fort métissage.
    Petite fille d' immigrés j'ai 4 origines différentes ^^. Pour moi le métissage est une force et une richesse . Je suis très fière de toutes ces cultures qui se mélangent dans mes veines.
    Cela me permet de m' ouvrir au monde, puisque très curieuse, je me renseigne sur l' histoire et les traditions des pays de mes ancêtres.

    Pour la petite anecdote sur la couleur de peau, quand j' étais petite une fille m' a demandé comment je faisais pour être bronzée en hiver, hé hé ^^ .

    Et puisque tu dois te poser la question voici les 4 pays que je "représente" ^^ = Argentine, Italie, Kabylie et Allemagne !!

    Posté par Anna Bogen, 09 avril 2009 à 11:31 | | Répondre
  • Très intéressant comme article ! Merci !
    Dans le même ordre d'idée, dans les westerns américains, les Indiens étaient toujours joués par des Blancs ou à la limite des Hispaniques.

    Evidemment j'ai dû mal à appréhender tout ça, étant 100%... mmmmh disons blanche, nord-européenne depuis plusieurs générations. Par contre, j'ai parfois du mal à me sentir à ma place dans un pays divisé comme l'est la Belgique: je suis de parents flamands mais j'ai été éduquée en français et néerlandais, et presque tous mes amis sont francophones. Je ne me sens pas wallonne, je pourrais être bruxelloise, mais je ne le suis pas tout à fait. Bref, un joli melting pot à la belge...

    Posté par Miss Sunalee, 09 avril 2009 à 16:59 | | Répondre
  • Bel article et en prime très intéressant...
    C'est drôle, parce plus jeune j'étais une fana de hip-hop et moi qui suis plus blanche que blanche (du coté maternel c'est 100% pays de l'est)je me sentais trop "blanche" et dépourvue de vibes groovy. J'aurais voulu des cheveux crépus avec des tresses et la peau un minimum halée..
    Aujourd'hui, je reste encore fascinée par les gens qui portent leurs origines sur leur peau, comme si elle racontait une histoire un peu plus dense et extraordinaire que nos peaux bien palotes. Et je reste encore plus émerveillée par ce que les métissages offrent comme beauté.

    Posté par MarianneN, 10 avril 2009 à 21:28 | | Répondre
  • Mick Kelly: ravie de te revoir "chez moi".

    Anna B.:Je suis très heureuse que ça te plaise, et en effet tu commence à bien me connaître, j'allais en effet te demander tes origines! C'est formidable de voir autant d'origines en une seule personne. Argentine? La première fois que j'ai visité ton blog, je t'ai trouvé très latine, il y avait quelque chose en toi qui me faisait penser aux denseuses de Tango:une très jolie brune, aux courbes assurées et à la posture franche...comme quoi..

    Posté par Eloïse Sunshine, 10 avril 2009 à 22:22 | | Répondre
  • Miss Sunalee: c'est un plaisir de faire partager ce que je découvre, et comme tu aimes le cinéma, ça tombe bien! Je pense assez bien comprendre le sentiment dont tu parles, la notion d'appartenance c'est quelque chose...

    MarianneN: Merci^^. Ah oui, tu aurais aimé être métisse alors? Moi j'aurai aimé être rousse ou alors japonaise, il semble assez répendu dê désirer être ce que l'on n'est pas. Mais les pays de l'est sont aussi riche en aventures et en histoire, t'es tu déja pencher là dessus? Je serais heureuse d'apprendre des choses sur une nouvelle culture!

    Posté par Eloïse Sunshine, 10 avril 2009 à 22:42 | | Répondre
  • alors là ton article m'a subjuguée, d'autant que pendant ma première grossesse, j'ai pas pensé une minute à la couleur de peau de mon fils persuadée qu'il serait beaucoup plus foncé que moi vu que son père est sénégalais et que comme ta maman j'étais sûre que le jaune l'emportait sur le blanc
    et quand il est né et ben il est sorti plus clair que moi alors imagine, bon il n'est pas blanc quand même mais j'ai été surprise
    en tout cas tous les fims dont tu parles j'ai envie de les voir maintenant
    bravo

    Posté par la fée, 11 avril 2009 à 10:00 | | Répondre
  • Voilà un article passionnant, qui a du te demander un sacré travail, mais vraiment ça en valait la peine!

    Je suis blanche mais parait-il le sosie ... de mon arrière grand-mère éthiopienne qui était plus noire que l'ébène!

    Je réalise la chance que j'ai de ne m'être jamais posé de questions quant au fait d'être "blanche", ou "métisse", le genre de questions qui ont du angoisser des générations de femmes, pour ne pas dire gâcher leur vies... Et certainement empêcher de bien belles histoires d'amour!

    Merci pour un moment aussi agréable qu'instructif à te lire, une fois encore!

    Posté par Sarah-Lou, 13 avril 2009 à 22:09 | | Répondre
  • Ton article est vraiment tres interressant! Merci!
    Je suis Franco-Tunisienne, mais contrairement a mes soeurs, je n'ai pris que du cote francais...du coup, j'ai toujours ete "la francaise" pour ma famille tunisienne, ce qui me mettait toujours mal a l'aise quand j'etais petite... J'ai toujours reve d'avoir ce beau teint mat et une de ces belles chevelures maghrebines... Alors que mes cousines passaient leur temps libre a se lisser les cheveux!
    Avoir plusieurs origines c'est avoir plusieurs cultures et ca donne une grande ouverture d'esprit... On voit les choses differement je crois...

    Posté par Miss bagatelle, 16 avril 2009 à 09:04 | | Répondre
  • C'est un très beau et intéressant billet, bravo !
    C'est tellement triste les préjugés ...
    Kisuuu et bonne soirée^^

    Posté par Scheharazade, 16 avril 2009 à 18:35 | | Répondre
  • La fée: c'est une question que beaucoup se pose je crois.

    Sarah-Lou: ton arrière grand-mère était éthiopienne, incroyable! Etait-elle Copte? Oh surement pas si elle était noire comme l'ébène, j'aimerai bien en savoir plus...La couleur c'est souvent un problème, si seulement on pouvait voir ça comme une chance!

    Miss Bagatelle: enchantée, merci pour ton commentaire, et je crois bien que les femmes ne sont ravie de ce qu'elles sont, non? Mais je comprend tout à fait ton malaise...

    Scheharazade; merci et oui c'est tellement triste...gros kisu ^^

    Posté par Eloïse Sunshine, 17 avril 2009 à 18:59 | | Répondre
  • Obama a de la chance d'être qui il est, son métissage lui a permis d'ouvrir les portes de toutes les communautés.

    Malheureusement, être mulâtresse pour une femme, est je trouve, encore à notre époque, associé à la sexualité. La métisse plaint aux noirs comme aux blancs. Car elle n'est pas trop noire... Et pas trop blanche... Bref, certains hommes sont des porcs soumis aux codes de beautés de leur "communauté".

    Ce n'est pas pour rien si tant de chanteuses "RnB" ont la peau claire. Ce n'est que du Marketing. Keri Hilson, Mariah Carey, Diana Ross, Beyonce etc. Je ne dénigre pas leur talent, mais si elles avaient la peau plus foncée, leurs parcours auraient été bien plus ardus.

    Avoir un bébé mulâtre, est même parfois une obsession, pour les noirs comme pour les blancs. Et sincèrement, cela me dégoute. Un enfant n'est pas un jouet.

    En conclusion, la couleur de peau n'est qu'une illusion. Exemple: Iggy Pop a vécu toute sa jeunesse à Détroit, il n'est sorti qu'avec des afro-américaines. Certes, il est blanc, mais au fond de lui, je crois qu'il est un peu nègre

    Ou encore, mon oncle blanc, qui vit en RDC. Il parle Tshilouba, Swahili, et Lingala. Il a même épouse une femme de la famille Mobutu. Il est blanc, mais son coeur est noir.

    Bref, je me comprend, si tu piges pas, c'est pareil.

    Aimé Césaire l'a très bien expliqué, la négritude n'est pas qu'une question de couleur.

    L'identité n'est pas une couleur.

    RAINBOW CHILDREN, IF WE CAN'T DO IT, NOBODY CAN

    Posté par lemulâtre, 11 juillet 2010 à 22:01 | | Répondre
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