07 mai 2009

Poussière d'étoile...

Certaines ont l'art de mettre en lumière de façon remarquable les artistes du passé, je pense nottament à Lily Satine ou bien encore Theremina. J'aimerai à mon tour partager avec mes vous mes maigres connaissances concernant les Chorus Girls de l'époque laissées de côté, ayant pour seul défaut d'avoir une seule goutte de nuit noire dans la peau. Alors je secoue un peu mes vieilles malles et d'un revers de la main balaye leur couvercles plein de poussière, de poussière d'étoile et espère redonner un peu de lumière à ces vieilles âmes qui s'étaient égarées dans l'oubli.

Florence Mills - " The little Black Bird"

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Florence Mills, cadette d'un couple d'esclaves affranchis, naît le 25 janvier 1896 à Washigton DC. Dès son plus jeune âge elle montre une incroyable prédisposition pour jouer la comédie. Agée à peine de 4 ans, elle raffle tout les concours de danse et de chant locaux, ce qui lui vaut vite la peine d'être repérée par de gens du milieu. Très vite, elle se produit alors pour des particuliers de marque, et divertit des soirs durant tous les ambassadeurs, la femme de l'ambassadeur d'Angleterre lui donnera même son jonc en or dont Florence parlera avec enthousiasme jusqu'à la fin de sa vie.

En 1903, elle fait ses débuts en tant que professionnelle et prend le nom de "Baby Florence", commence alors une carrière fleurissante. Elle part pour NYC et  deviendra par la suite, en 1910, la première femme Noire en tête d'affiche pour jouer sur les planches d'un théâtre de Vaudeville! A partir de là, elle n'aura de cesse de militer (plus ou moins pacifiquement pour les droits des Noirs aux USA).

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En 1921 elle joue le rôle de sa vie dans Shuffle Along, une comédie musicale oh combien acclamée par le publique et félicitée par les critiques où elle enflamme les planches. Florence sait danser, mimer, elle chante le blues, du "hot jazz" (comprendre "jazz coquin"), des ballades, on lui donne à cette époque le nom de "Little Black Bird" car elle chante parait-il comme un petit oiseau. Malheureusement, il n'existe aucunes traces sonores, ni visuelles d'ailleurs de son travail. Si les machines d'enregistrements n'étaient guère performantes à l'époque, elle n'a jamais voulu tourner dans auncun films " je suis une fille de la scène, je joue pour et avec mon public" dira t-elle.

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Cette comédie musicale l'emporte outre-manche, elle joue à Londres et aussi à Paris où on la rebaptise " La Reine du Jazz". De retour aux USA, elle décide de renforcer sa lutte pour la progression raciale et clamme à qui veut l'entendre (et même à ceux qui ne le désirent pas) que les choses doivent changer. Elle signe et interprète alors, sa marque de fabrique, sa chanson "I'm a little black bird", lettre ouverte au désir virulent d'une égalité raciale. Au même moment, après sa découverte du Gai Paris, elle devient une des figures emblématiques du "Harlem Renaissance", son équivalent américain.

Florence Mills, avant gardiste et source d'inspiration

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C'est la première afro-américaine qui ose apparaître sur scène avec une volumineuse pérruque blonde, alors qu'elle mélange les styles et crée un genre nouveau en alliant influences africaines et américaines, elle préfigure avec 50 ans d'avance la mode afro. Cette coupe de cheveux audacieuse à souhait amusa grandement le public et fut reprise en 1932, dans le film Blonde Venus (un de mes favoris), par Marlène Dietrich:

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Malheureusement au somment de sa gloire, Florence Mills fût atteinte par une tuberculose aïgue et décéda des suites d'une opération infortune. Bien que très méconnue aujourd'hui, rappellons nous tout de même qu'elle fût la première star internationale de couleur, et qu'elle inspira les plus grands dont Duke Ellington et sa célèbre chanson Black Beauty, hommage au plus charmant des petits piafs noirs.

Posté par eloisesunshine à 23:22 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires sur Poussière d'étoile...

    Hello Beauty!

    Voilà un article passionnant et instructif, comme j'aime - c'est drôle comme on "pressent" rapidement la fin tragique de certaines étoiles du cinéma!

    Dans un comm sur mon dernier post, tu dis que les cookies au beurre de cacahuète sont "presque" tes préférés... J'aimerai connaître les n°1!!

    Des bisous!!

    Posté par Sarah-Lou, 08 mai 2009 à 12:42 | | Répondre
  • Dommage qu'il n'y ait rien à se "mettre" sous l'oreille...

    Posté par Mick Kelly, 09 mai 2009 à 04:46 | | Répondre
  • Merci pour cet article !

    Posté par Miss Sunalee, 09 mai 2009 à 10:50 | | Répondre
  • je ne connaissais pas Florence Mills.. encore une découverte! merci.

    Posté par MarianneN, 11 mai 2009 à 12:03 | | Répondre
  • C'est un plaisir de partager ce que j'affectionne!

    Sarah-Lou: ce sont les cookies au chocolat blanc et aux noix de macadamia confectionnés avec du suce blond et brun et un peu de vanille!

    Mick-Kelly: oui, c'est navrant, mais sa voix je l'imagine...

    Posté par Eloïse Sunshine, 13 mai 2009 à 10:04 | | Répondre
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